C’est
autour du thème : « Industries culturelles et créatives en Afrique
et héritages patrimoniaux », que cinq experts africains issus de différents
secteurs des industries culturelles et créatives ont pointé du doigt les réalités
quotidiennes des artistes africains, dans leurs pays respectifs.
Il
s’agit d’Angèle Diabang, scénariste et réalisatrice sénégalaise, Lafalaise
Dion, directrice artistique et Journaliste de culture ivoirienne, Dobet
Gnahoré, chanteuse et musicienne ivoirienne, Hassane Kassi Kouyaté, metteur en
scène Franco-Burkinabè, directeur du festival des écritures de Limoges et Manzi
Rugirangoga, écrivain et éditeur rwandais.
Ceux-ci
ont profité de l’occasion pour faire appel aux gouvernements du continent à
œuvrer pour une meilleure structuration du monde des arts, afin de permettre
aux artistes de vivre décemment de leur savoir-faire.
« Il
est nécessaire d’avoir une implication à toutes les échelles. Les gouvernants
africains et ivoiriens doivent investir et croire en l’art. Il faut un
travail considérable d’éducation, de financement et de soutien des métiers
créatifs, ainsi qu’une forte volonté politique, faute de quoi il n’y aura pas
d’industrie », a déclaré Lafalaise Dion, créatrice de mode avec
les cauris.
Selon
l’artiste, en Côte d’Ivoire, il n’y a pas suffisamment de promotion de la mode
et de la culture. Elle a préconisé la valorisation des cultures africaines et
la préservation de l’identité africaine.
La
chanteuse Dobet Gnahoré, lui emboite les pas en disant que : «
Beaucoup d’artistes sur le continent n’ont même pas d’endroit où jouer. Nous
faisons les longs métrages pour l’Europe. Il faut pouvoir programmer les longs
métrages africains dans des salles de cinéma africaines. Les artistes africains
doivent s’unir pour convaincre les dirigeants, dans ce sens ».
Quant
à l’écrivain et éditeur Rwandais, Manzi Rugirangoga, il a appelé les
populations africaines à valoriser le travail de leurs artistes. Il a souhaité
qu’elles soient éduquées dans ce sens.
Ce 5eme
forum vise à repenser les imaginaires depuis le continent africain, et à mettre
en lumière l’importance de l’histoire africaine et sa reconnaissance dans le
dialogue avec l’Europe.
L’édition
d’Abidjan a été intitulée « Hériter du futur, valorisons la diversité du
patrimoine pour créer un avenir commun ». Cela met en avant les
industries culturelles africaines et leur capacité à mettre en lumière les
enjeux de mémoires et de patrimoine en Afrique.
Des débats,
des ateliers professionnels et des activités grand public gratuites, à savoir
des parades de marionnettes, des ateliers d’initiation aux instruments
traditionnels ou de création de marionnettes, ont meublé les trois jours du
forum.
Ce forum
est co-construit par un comité exécutif de personnalités ivoiriennes et
africaines, par l’ambassade de France, l’Institut français de Côte d’Ivoire,
avec le soutien de la délégation de l’Union européenne.
Il
s’inscrit dans la continuité du sommet Afrique-France qui s’est tenu en 2021 à
Montpellier (France), à l’initiative du Président de la République française
Emmanuel Macron et qui s’est poursuivi par un cycle de forums régionaux sur le
continent africain initié par l’Institut français à Paris.